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| La valeur mystique des animaux chez soi : le cas du chat |
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Écrit par Talassa |
| Vendredi, 07 Août 2009 15:14 |
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Chaque animal a un sens mystique. Des oiseaux aux reptiles en passant par les mammifères et les félins, l’univers animalier est plein de mystères. L’initié ouvre un coin de voile sur ces êtres vivants qui pilulent ça et là dans la nuit ou pendant le jour. Dans ce numéro, nous nous intéressons au chat. Le chat, selon le dictionnaire Larousse ; édition 2009, est un mammifère carnivore au museau court et arrondi, aux griffes retractiles, dont il existe des espèces domestiques et des espèces sauvages. En Afrique en général et au Congo en particulier, on affuble diiréfentes significations à cet espèce animalière entre autre, le mysticisme..
C’est un animal qui semble avoir toujours eu un pied –ou plutôt une patte- dans le monde du fantastique, de l’étrange et de la magie. Au fil des millénaires et des civilisations, on l’a vénéré ou on l’a détesté ; il a été presque dieu ou allié du démon et des sorcières. De très nombreuses légendes, d’innombrables mythes le mettent en scène. Pour certains, l’affaire est entendue : le chat est un animal proche du monde diabolique. Il n’y a qu’à considérer son regard phosphorescent, son allure indépendante, son attitude hautaine, son petit air à la fois indifférent et ironique pour s’en convaincre. D’ailleurs, on connaît de nombreux cas, attestés dans des procès de sorcellerie, où le diable prit la forme d’un chat. Noir, naturellement. Les félins d’une autre couleur passent pour être un peu moins démoniques. Chez les pharaons En Egypte, quasiment honorés tels des dieux vivants, de petites divinités familières dont on disposait à domicile, dans son foyer, les chats étaient bien traités, bien nourris, arborant souvent des boucles d’oreilles, en or. Il était interdit de les tuer. La déesse-chatte Bastet était très bénéfique. Près de son temple, à Bubastis, on a trouvé un cimetière renfermant des dizaines de milliers de momies de chats. Non seulement les matous étaient embaumés, mais quand celui de la maison mourait, toute la famille prenait le deuil en se rasant la tête et les sourcils. Animal capable d’éloigner le chagrin et d’écarter les mauvaises influences, le chat avait aussi l’avantage de chasser les souris et les rats, voraces consommateurs de grains. Eu Europe, dès le Moyen Age Malheureusement pour lui, la dévotion dont le chat avait bénéficié en Egypte ne dura guère. En Europe, et surtout à partir du XIV siècle, il fût considéré comme l’allié naturel du diable et de la sorcière. Il faut savoir que les chats étaient rares en Europe avant le Moyen Age. Il avait fallu les croisades pour que les chevaliers occidentaux découvrent cet étrange petit félin et le rapportent en souvenir de leur passage en Orient. Dans les châteaux puis dans les chaumières, les chats remplacèrent les furets pour la chasse aux rats et aux souris. Mais une certaine méfiance persistait. Cet animal ne venait-il pas d’un pays empli d’infidèles ? Et le diable n’est jamais loin de ces gens-là… Le messager du diable Tu souhaites faire un pacte avec le diable ? Installe-toi à la croisée des chemins et bientôt Satan t’enverra un chat noir qui te dicteras les conditions du contrat. Après quoi le félin se mettra à ton service et saura comment agir pour t’enrichir, si tu le traites bien. Par exemple, il t’apportera tous les matins une pièce d’or, comme le font les chats qu’on appelle matagos en Provence. Mais attention, si tu négliges ou maltraites le matou offert par le diable, tu courras au-devant des catastrophes : maladies, accidents et autres tempêtes qui ravageront tes biens. Tu sais alors ce qu’il te reste à faire : te repentir et entourer ton chat des plus grands égards, afin que tout rentre dans l’ordre. …et des sorcières Toute sorcière possède un chat noir qui, par ses gestes, l’avertir du moment où elle doit se rendre au sabbat. Car lui seul –avec le crapaud- le sait : Satan n’envoie pas de carnet d’invitation et le rendez-vous n’est jamais fixé d’avance. Parfois, la sorcière se rend à la cérémonie diabolique juchée sur un chat noir (car elle a rapetissé pour l’occasion), ou dans un char tiré par les chats. Bien des chats peuvent devenir sorciers ou être tentés par la grande cérémonie du sabbat. Pour empêcher ton animal familier de devenir un suppôt de la sorcellerie, c’est tout simple : il faut lui couper le bout de la queue. Le diable qui n’aime pas les animaux imparfaits le refusera dans ses cérémonies. Souvent, on a considéré que les sorcières se transformaient elles-mêmes en chats, ce qui leur permettait d’entrer subrepticement dans les maisons pour accomplir leurs forfaits. Voire simplement pour écouter ce qui se disait afin d’en tirer ensuite quelque usage maléfique. Aussi bien des gens se taisaient-ils brusquement quand ils apercevaient un chat auprès d’eux ! Cruelles vengeances ! Les chats noirs, ayant partie liée avec le diable et les sorcières, subirent eux aussi des procès et des condamnations, sans compter la répulsion, la crainte ou la haine de braves gens simplement victimes d’idées reçues ou de superstitions. Mais certains n’osaient pas maltraiter ou pourchasser franchement les chats noirs qui les remplissaient d’effroi : imagine qu’il s’agisse d’une sorcière et qu’ensuite elle te poursuive de ses sortilèges. Mieux valait s’abstenir ! Heureusement, d’audacieux chasseurs de sorcières ignoraient ces craintes : quand ils arrivaient dans une ville ou un village, ils faisaient rafler tous les chats (ou, selon les cas, seulement les chats noirs) et les plaçaient dans des cages. Avec ou sans procès, on jetait les cages au bûcher, emplies de chats vivants que les spectateurs regardaient griller avec satisfaction : au moins ces créatures maléfiques, suppôts de Satan, ne feraient plus de mal à personne. Ambiguïté et superstition Le chat noir, c’est bien connu, porte malheur. En croiser un le matin laisse imaginer que la journée se passera mal. Pire encore : si l’on rencontre un chat noir au matin du premier janvier, voilà du malheur garanti pour toute l’année. Et pourtant, si l’on souhaite éviter les ennuis, mieux vaut bien traiter son chat : pour les Anglais, si vous lui donnez un coup de pied, vous aurez des rhumatismes ; si vous l’empêchez de miauler, vous échouerez dans tous vos projets. Beaucoup mieux : si vous traiter bien les chats, voilà qui favorisera vos amours. Et si vous étrennez une nouvelle maison, faites donc entrer un chat avant d’y mettre vous-même les pieds : la nouvelle construction durera longtemps, toujours solide au fil des ans, et même des siècles, comme le prouvent des squelettes de chats trouvés dans les fondations de châteaux forts. La cruelle recette de l’homme invisible Vole un chat noir, tue-le et fais-le bouillir dans une marmite. Quand il est cuit, arrache sa chair avec tes dents. Quand il ne reste que les os, mets-toi face à un miroir et mord chaque os l’un après l’autre. Tu constateras qu’en mordant l’un de ces os (on ne peut savoir à l’avance lequel), ton image disparaît du miroir : c’est donc cet os-là qui te rend invisible. Tant que tu l’auras entre les dents, tu auras le pouvoir de voir sans être vu, et d’entrer partout sans qu’on soupçonne ta présence. La poudre de désolation Autre recette démonique : prends un chat noir que tu tues et que tu vides. Farcis-le avec un mélange de céréales : orge, avoine et blé. Puis fais tremper pendant trois jours ton chat farci dans une fontaine. Au bout de trois jours, sors-le, réserve-le jusqu’à ce qu’il soit complètement desséché. Tu peux alors le réduire en poudre. Un jour de grand vent, en te plaçant sur une hauteur (une colline, un donjon, un promontoire…), fais voler dans les airs ta poudre de chat : toutes les régions atteintes par ta préparation deviendront stériles et désolées. Le chat rendu à son maître Dans plusieurs légendes européennes, le diable propose aux hommes de les aider ou de leur faciliter la vie. Il construit un pont en une nuit, ou rebâtit un château, une halle, voire une église. Il est bien évident que Lucifer va demander à être payé en contrepartie de ses bienfaits, et qu’il réclamera pour salaire l’âme du premier être qui passera sur le pont ou entrera dans le bâtiment. Pour faire pièce à l’ignominie d’une telle exigence ou aux hésitations (on comprend que personne n’ait envie de griller en enfer pour l’éternité), le plus malin du village a toujours l’idée de proposer qu’on fasse passer un chat : le diable est bien obliger de s’en contenter ! Personne n’y voit grand mal, puisque le chat est de toute façon une créature diabolique… Dans toute l’Egypte ancienne, on tient le chat en haute estime car il protège des rats, des souris et des serpents les céréales entreposées dans les greniers. Au Moyen Age, l’Eglise incite les fidèles à se débarrasser de leurs chats et à pourchasser les chats noirs, incarnations du démon et favoris de ses servantes : les sorcières. « Je suis le diable et je vais commencer mes diableries sous la lune montante, parmi l’herbe bleue et les roses violacées. Gardez-vous de mettre le nez à la fenêtre : vous pourriez mourir soudain de me voir, assis tout noir au centre de la lune ! » Quelle signification donner aux miaulement du chat ? La suite de dans notre prochaine édition |
| Mise à jour le Vendredi, 07 Août 2009 15:29 |