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| Témoignage émouvant du rescapé du 15 juillet 2009, Sabin Mangala |
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Elections |
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Écrit par Talassa |
| Mardi, 16 Février 2010 11:31 |
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«……J’ai été fauché par une balle dans la tête sur le côté droit au niveau de l’oreille, avec une double fracture du bras droit, occasionnée par la chute après le coup de feu tiré par un garde du corps en civil du général Jean François Ndenguet le nommé Assena Babin.
J’ai donc été touché par la balle tirée en direction de M. Mathias Dzon, puisque je me trouvais juste derrière lui. Cette cartouche qui m’a touché lui été certainement destinée.
Après avoir été grièvement blessé à la tête, j’ai été conduit par les militants de M. Dzon au CHU de Brazzaville où j’ai été hospitalisé du 15 au 16 juillet 2009.
Etant hospitalisé, la police s’est mise à ma recherche au CHU, d’où j’ai été déplacé plus tôt par les deux militants du parti qui me servaient de gardes malade.
A la sortie du CHU, j’ai donc été amené au domicile de M. Mathias Dzon le 16 juillet, avant de me déposer au domicile familial sis 219, de la rue Jeanne Vialle à Bacongo-Brazzaville.
Dès mon arrivée à Bacongo, j’ai été victime de menaces de la police, lesquelles m’ont obligé de changer de domicile en me rendant vers Nganga-Lingolo où je suis resté du 16 juillet au 1er août 2009.
Le 1er août, j’ai eu un contact téléphonique avec un frère journaliste aux Dépêches de Brazzaville, M. Willy Mbossa à qui j’ai confié la mission de joindre les officiers de la police, afin de me rendre à leurs services parce que depuis le 28 juillet 2009, mon frère cadet, M. Ulrich Mbandzoulou était détenu par le général Ndenguet, pour un échange contre moi. Le même jour du 1er août à 11 heures, Mbossa m’a appelé au téléphone pour me présenter au journal les Dépêches.
Je suis arrivé sur les lieux et j’ai été conduit à un hôtel situé derrière
Dans la réponse du colonel Obourabassi, il était convenu de libérer mon frère Ulrich détenu, avant de nous rejoindre à l’hôtel de Mpila à 14 heures. Le général Ndenguet et le colonel Obourabassi sont arrivés sur les lieux dans une Discovery jaune.
Dans la chambre 8 où nous étions, le général Ndénguet a dit me reconnaître, tout en me rassurant qu’il avait besoin de quelques renseignements. Après ces informations, il ferait de moi un homme riche. Il m’a proposé la somme de 20 millions de FCFA, un passeport et un visa pour l’étranger, en prenant également soin de ma famille, ma femme et mes deux enfants à sa charge.
Le général Ndenguet, voulait m’extorquerdes aveux selon lesquels, les colonels Marcel Tsourou, Michel Ombeli, Jean Aive Alakoua, Jean Claude Mbongo et le général Florent Tsiba, originaires des Plateaux comme Mathias Dzon, ont financé les campagnes de Dzon qui était à court d’argent. Et que ces mêmes personnes citées, lui ont donné des armes pour faire un coup d’Etat au régime de Sassou Nguesso.
Quelques minutes après le général Ndenguet a pris le téléphone pour appeler soit disant le conseiller spécial du chef de l’Etat, M. Jean Dominique Okemba.
Par la suite, le général Ndenguet a reçu un appel soi-disant du Président Sassou Nguesso avait appelé pour lui dire que si je disais la vérité sur Tsourou et les autres, le financement des campagnes et les armes, je serai relaxé. Si je ne dis pas la vérité, je serai torturé et jeté en prison.
Après, le général Ndenguet m’a dit qu’il voyageait pour Pointe-Noire pour revenir le lundi 3 août 2009. Je te laisse entre les mains du colonel Obourabassi, dans un endroit sûr et sécurisé pour travailler avec lui, sur instructions du Président de
Le 1er août 2009 à 19 heures, j’ai été transféré dans une maison en étages de couleur blanche appelée case de passage, située au croisement de la rue Louingui avec l’avenue de
A ce domicile vivent des éléments en armes de plusieurs nationalités, tchadienne, rwandaise et les autres membres de la garde du général Ndenguet. Le dimanche 2 août 2009, j’ai reçu la visite du colonel Obourabassi qui m’a filmé en me forçant d’accuser ces officiers supérieurs tékés d’un complot pour le renversement du pouvoir de Sassou Nguesso.
Le colonel Obourabassi voulait à tout prix que je fasse des aveux contre ces officiers ciblés par eux, en disant que le jour de la marche, ils avaient dotés les militants de Mathias Dzon d’armes avec des sacs contenant des grenades.
Le colonel Obourabassi m’a convaincu de soutenir cette version des faits, pour susciter la réaction du Conseiller spécial et du Président de
Le 3 août 2009 à 14 heures, j’ai été conduit à la gendarmerie nationale, au camp de la milice à Bacongo par le colonel Obourabassi, et deux autres sergents de la garde du général Ndenguet. A la gendarmerie, j’ai été confié au capitaine Essouli. J’ai été interrogé de 14 heures 30 à 3 heures 40 minutes du matin par le capitaine Essouli et le colonel Englebert Ngampika, directeur départemental de la police judiciaire de Brazzaville, qui m’a avoué avoir des informations sur les officiers tékés ciblés, avant la marche du 15 juillet 2009.
Dans ma réponse, j’ai rappelé au colonel Ngampika que lui-même était Téké et pourquoi ne faisait-il pas parti du complot. Il m’a répondu que lui n’était pas contre le pouvoir, ni le régime de Sassou Nguesso. Mais les autres qui étaient cités sont contre le pouvoir de Sassou et voulaient faire un coup d’Etat.
Sur les questions concernant ces officiers cités, j’ai insisté à dire que je ne disposais d’aucune information les concernant.
Le colonel Ngampika avait l’information sur le colonel Jean Claude Mbango, le neveu de Mathias Dzon et avait dit qu’en sa qualité de directeur départemental de la police au Pool, il assurait la médiation entre le pasteur Ntumi et l’opposant Dzon.
Dans ma réponse, j’ai confirmé au colonel Ngampika que j’étais avec Mathias Dzon avant les campagnes pour l’élaboration des stratégies. Il était aussi établi que le colonel Mbango est le neveu de Mathias Dzon. Mais il ne s’occupe pas de la politique, ni de la vie de son oncle Dzon.
J’ai également rassuré le colonel Ngampika dans mes réponses que depuis que j’étais aux côtés de Dzon, je ne l’ai pas entendu parler de ces officiers car, souvent, il partage les informations et les rencontres avec ses proches.
Concernant la marche de l’opposition, le colonel Ngampika m’a dit de ne pas accuser le général Emmanuel Ngouelondélé, parce qu’il fait partie de la famille présidentielle. Cependant, il fallait à tout prix accuser M. Ange Edouard Poungui et Mathias Dzon, ainsi que ces officiers supérieurs tékés, pour les compromettre dans le complot, en donnant cette preuve au Président Sassou Nguesso pour le coup d’Etat de l’opposition radicale.
Au matin du 4 août 2009, à 3 heures 40 minutes, j’ai signé sous la menace des armes pointées sur moi, deux procès verbaux.
– le premier procès verbal qui accuse les officiers tékés ciblés qui auraient financé les campagnes de Dzon et fourni les armes du complot.
– Le deuxième qui accuse les deux leaders de l’opposition Dzon et Poungui, comme auteurs de l’organisation de la marche pour obtenir un coup d’Etat.
Après audition par le colonel Ngampika, au matin du 4 août 2009, j’ai été déplacé pour le camp 15 août les yeux bandés, ensuite placé dans une cellule avec un garde du corps de Dzon, arrêté après la marche et accusé d’avoir tiré dans la foule, il s’agit du sergent-chef Douniama Feronzy.
Au camp 15 août, j’ai aussi retrouvé dans une autre cellule le lieutenant Ernest Ngallo lui aussi garde du corps de Dzon, avec pour motif de détention d’armes de guerre et de complicité de coup d’Etat.
Le 12 août 2009 je me suis retrouvé au commissariat central où quatre personnes m’ont été présentées par le colonel Ngampika sous prétexte d’avoir reconnu le colonel Jean Aive Alakoua venu rendre visite à domicile sous recommandations des officiers supérieurs tékés ciblés pour le faux complot.
Le même jour du 12 août 2009 dans l’après midi, j’ai été transféré à
A
Si je confirmais la version du coup d’Etat, je serai relaxé sans problème. En cas de refus, nous te faisons avaler de l’eau de javel sur instructions du président Sassou.
J’ai supplié les colonels Obara, Bayidikila et Obourabassi que je ne connaissais absolument rien, ni des leaders politiques de l’opposition, moins des officiers supérieurs tékés ciblés par eux.
Après refus, ils m’ont donné une plaquette de Nifluril à avaler sous menace d’un pistolet par le colonel Obourabassi. J’ai été obligé d’avaler ce mélange qui m’a fait vomir tous les produits consommés. Par la suite, j’ai été ramené à la gendarmerie au camp de la milice, le même jour du 8 septembre 2009, au bureau du général Mokoki. A cet instant, le général Mokoki m’a dit que j’étais libre à une condition, s’il entendait que j’ai répété ce que j’ai signé sous les menaces et que j’ai entendu durant la période de mon incarcération, ils viendront me tuer à domicile sans autre forme de procès. Car, le Président de
Au camp 15 août, nous étions détenus trois, mais, nous sommes sortis deux, moi et le lieutenant Ernest Ngallo, le sergent chef Ndouniama est resté sans nouvelle. Pour ma part, je dénonce le faux complot, qui est un montage pour accuser les officiers tékés ciblés et M. Poungui et Dzon, auteurs d’un coup d’Etat de l’opposition.
A ce jour, la commission d’enquête montée n’a pas encore donné les preuves coupables contre les présumés auteurs du coup d’Etat de l’opposition.
Présentement, l’état de ma santé est précaire et critique. Je souffre en permanence des complication, des douleurs musculaires au niveau du bras fracturé ainsi que des douleurs abdominales aux niveaux des poumons et du bassin, en crachant du sang avec des urines ensanglantées.
Toutefois, depuis septembre 2009, je vis dans une psychose, une insécurité permanente à cause des menaces des agents de la sécurité, toujours en repérage à Bacongo dans le secteur de notre domicile, portant ainsi atteinte à mes parents et ma famille.
A cet effet, je sollicite auprès des autorités compétentes nationales, une prise en charge médicale pour régulariser mon état de santé critique, tout en tenant également compte des engagements du 30 octobre 2009 pris par le ministre d’Etat Aimé Emmanuel Yoka sur les accords entre l’opposition et le pouvoir, dans la résolution à l’amiable de cette situation.
Cet accord prévoyait entre autres, ma prise en charge sanitaire et l’indemnisation par l’Etat pour réparation des préjudices subis sur ma personne durant cette période.
A défaut, qu’une suite soit donnée à ma plainte déposée au parquet de Brazzaville.
Fait à Brazzaville le 24 janvier 2010
Sabin Lucres Mangala |
| Mise à jour le Mardi, 16 Février 2010 13:04 |